Biblio-perso, un service adapté à la neurodiversité
Lancé en janvier 2023 auprès des étudiantes et étudiants autistes, le service d’aide à la recherche Biblio-perso a montré dès ses débuts un potentiel plus large. Réellement adapté aux besoins des personnes neurodivergentes, il a même changé la façon dont nous concevons l’inclusion dans nos bibliothèques.
Par Naomi LeBel et Renaud St-Laurent
Tout a commencé par une idée simple, proposée par l’un de nos techniciens en documentation, lui-même ayant un diagnostic d’autisme de niveau 1 : et si une personne autiste pouvait découvrir la bibliothèque universitaire accompagnée d’un pair? Inspirée de son propre parcours et de nombreuses conversations avec d’autres personnes autistes, cette proposition faisait écho à un malaise partagé : des bibliothèques souvent perçues comme trop grandes, complexes et remplies de règles implicites.
Une réussite collective
C’est dans cet esprit que nous avons constitué une petite équipe et développé le concept de Biblio-perso, un service propre aux réalités des personnes neurodivergentes : des rencontres individuelles, dans un lieu calme, où l’on prend le temps de poser des questions et de comprendre les réponses.
Ensemble, nous avons peaufiné l’offre, suivi une formation sur l’autisme et collaboré avec les conseillères du Bureau de l’inclusion et de la réussite étudiante (BIRÉ).
Les étudiantes et étudiants autistes ont été les principaux usagers du projet dès janvier 2023 et, devant le succès avéré, nous l’avons ouvert à l’automne 2024 à toutes les personnes neurodivergentes, renommant le service et l’espace pour mieux refléter cette évolution : Service adapté à la neurodiversité, Salle adaptée à la neurodiversité.

Photo : Rosalie Chrétien
Un lieu de refuge pour la communauté
En 2024-2025, les chiffres parlent d’eux-mêmes : même si nous recevons encore peu de demandes de rencontres personnalisées (1 à 2 par session), la salle s’impose comme un véritable refuge. De septembre à avril, 67 usagères et usagers uniques ont effectué 310 réservations, totalisant 635 heures d’utilisation. Plusieurs viennent de surcroît chaque semaine.
Grâce à l’installation d’une boîte à suggestions qui a généré 26 propositions, nous avons ajouté des coquilles antibruit, un tabouret oscillant, un repose-pied élastique et du matériel de nettoyage, en plus d’améliorer l’affichage. Chaque personne ayant fourni son courriel a reçu un message de suivi. Ce lien direct nous permet d’adapter le service en continu, de façon humaine et réactive.

Photo : Rosalie Chrétien

dans la salle.
Photo : Rosalie Chrétien

être réservé.
Photo : Rosalie Chrétien
Bien plus qu’un service
Grâce à une visibilité accrue — par l’affichage sur les écrans des bibliothèques et de l’UQAM, une présentation au Café virtuel UQ et des communications ciblées (Collectif autiste de l’UQAM et Groupe de soutien du BIRÉ pour les personnes étudiantes autistes) —, le service continue de se faire connaître.
Ce qui nous touche avant tout, c’est de constater que la salle n’est pas utilisée que par des personnes neurodivergentes. Elle attire aussi le reste de la population étudiante en quête de calme, de concentration ou tout simplement d’un espace pour respirer.
Nous savons que mesurer pleinement l’incidence de Biblio-perso prendra du temps. Mais déjà, nous voyons que cette initiative, née d’un vécu personnel, a permis de créer un lieu plus accueillant, respectueux et humain. Et ce que nous découvrons, jour après jour, c’est que ce qui est bon pour une personne autiste l’est souvent pour tout le monde.